Sanofi en pleine tourmente dans une période cruciale

Sanofi en pleine tourmente dans une période cruciale

Le PDG de Sanofi, Paul Hudson, est confronté à un adversaire familier dans ses efforts pour supprimer jusqu’à 1 680 emplois au sein du géant pharmaceutique français : les syndicats. Environ 200 syndicalistes ont organisé une journée de grève mardi dans la principale usine de vaccins Covid-19 de Sanofi à Marcy-l’Étoile pour protester contre les suppressions de postes, et d’autres syndicalistes se sont joints à eux dans d’autres usines du pays.

Trois directeurs, toujours le même combat

Le Ministre des finances, Bruno Le Maire, est quant à lui passé à la radio deux fois cette semaine pour parler de l’entreprise. Lundi, il a déclaré à RTL que Sanofi ne fermerait aucune usine et ne licencierait aucun employé dans le cadre de la restructuration. Mais mercredi matin, il est réapparu sur BFM et a déclaré qu’il aimerait obtenir trois choses du fabricant de médicaments, notamment la confirmation qu’il n’y aura pas de fermetures de sites ni de licenciements.

Cette polémique est la dernière en date des oppositions entre Sanofi et l’important mouvement syndical français. Chris Viehbacher, le premier PDG non français de la société, aurait perdu son poste en partie parce qu’il a proposé de réduire de 5 à 7 % les effectifs de la société, ce qui a déclenché une réaction publique massive. Son remplaçant, Olivier Brandicourt, a remis les syndicats en alerte deux mois après son entrée en fonction, en évoquant le coût élevé des installations industrielles et en promettant un nouveau plan stratégique sur cinq ans.

Le dernier conflit en date concerne le plan stratégique de Paul Hudson. Peu après avoir été choisi pour remplacer M. Brandicourt, le cadre de Novartis a commencé à définir les grandes lignes de la refonte. En juin, il a annoncé son intention de supprimer 1 680 emplois, dont 1 000 en France, au cours des trois années suivantes. Il s’agissait d’une étape dans un effort plus vaste visant à économiser plus de 2 milliards d’euros d’ici 2022 et à réorienter la société autour d’une approche plus lourde mais plus adaptée à la R&D, en abandonnant les programmes cardiovasculaires et de diabète mais en doublant les efforts dans des domaines tels que l’oncologie et la thérapie génique.

Sanofi justifie ses plans

Dans une déclaration fournie cette semaine, Sanofi a insisté sur le fait que tout départ d’employé serait volontaire et a noté qu’ils prévoyaient de dépenser 6 milliards d’euros en R&D en France au cours des 3 prochaines années. « Sanofi a engagé un dialogue et une écoute approfondie des suggestions des partenaires sociaux afin de définir les mesures d’accompagnement social les plus adaptées aux problématiques d’emploi de chacun des salariés susceptibles d’être concernés », ont-ils déclaré. « Les négociations avec nos partenaires sociaux sont basées sur des mesures d’accompagnement exclusivement volontaires et sans contraintes ».

Bruno Le Maire a félicité Sanofi pour sa décision de réorienter ses efforts de R&D, la qualifiant de « sage », mais a demandé plus de clarté sur ce que serait cette stratégie de R&D pour la France.

La CGT a quant à elle affirmé que les coupes budgétaires persistantes ont en fait entravé les efforts de R&D de Sanofi, jouant même un rôle dans les revers importants qu’ils ont connus dans leurs efforts pour développer un vaccin contre le Covid-19 avec GlaxoSmithKline, a rapporté le fil d’information RFI.  Les coupes, disent-ils, font partie d’un modèle de désinvestissement qui dure depuis 15 ans et qui a fait que Sanofi « a perdu la course au vaccin contre le Covid« .