Les chiffres ne reflètent pas toujours la réalité de l’emploi

Les chiffres ne reflètent pas toujours la réalité de l’emploi

La baisse du taux de chômage en France, qui est passé de 9,1 % au troisième trimestre de l’année dernière à 8 % au quatrième trimestre, ne peut être considérée comme une bonne nouvelle et est simplement la conséquence de la situation sanitaire. La crise n’a pas encore montré son vrai visage sur le marché du travail français.

Une baisse due à une augmentation de l’inactivité

En France, le taux de chômage a baissé au quatrième trimestre 2020, atteignant 8 % après 9,1 % au troisième trimestre. Sur un an, et donc par rapport à la situation qui prévalait avant la crise sanitaire, le taux de chômage est quasiment stable. Au moment du premier confinement, au deuxième trimestre 2020, le taux de chômage était tombé à 7,1 %.

Compte tenu du contexte sanitaire actuel, cette baisse du taux de chômage sur un trimestre ne peut être considérée comme une bonne nouvelle. En effet, le taux de chômage est défini comme la part des personnes activement à la recherche d’un emploi par rapport à la population active, c’est-à-dire celles qui cherchent un emploi et celles qui en ont un. Cependant, la crise sanitaire et les mesures de confinement, dont celle en vigueur entre le 30 octobre et le 15 décembre, ont pour effet de décourager une partie de ceux qui souhaitent chercher du travail ou de les pousser à s’abstenir de faire les démarches nécessaires pour trouver un emploi.

Ces personnes tombent alors dans l’inactivité et ne sont donc plus comptabilisées dans les statistiques du chômage. L’INSEE estime que 4,1% des 15-64 ans étaient dans cette situation au quatrième trimestre, un chiffre légèrement supérieur à la situation d’avant-crise et comparable au troisième trimestre (4%). Néanmoins, ce phénomène est beaucoup moins important que celui qui a prévalu lors du premier lock-out, où la part des 15-64 ans dans cette situation avait atteint 6 %, un chiffre historiquement élevé.

Un sous-emploi historiquement élevé

En outre, les chiffres du taux de chômage ne montrent pas l’impact du chômage partiel. Ce régime a touché 6 % des personnes ayant un emploi pendant le lock-out de novembre 2020 et 3 % en décembre. C’est beaucoup moins que les 25 % observés en avril 2020 lors du premier lock-out. Contrairement à la situation qui prévalait au printemps, où la plupart des secteurs avaient recours au chômage partiel, le chômage partiel ne s’est concentré que dans quelques secteurs (hébergement et restaurants ; arts, spectacles et loisirs ; activités de service). Le recours important au chômage partiel n’est pas pris en compte dans les statistiques du chômage. Mais il entraîne une diminution du volume d’heures travaillées par les personnes ayant un emploi.